Comment passer les fêtes et les réunions de famille sans trop de dégâts ?

L’été amène avec lui son lot de grandes réunions familiales planifiées de longue date. Le soleil, les vacances, les maisons partagées ou bien les séjours en clubs de vacances tout concorde pour qu’enfin certaines fratries puissent se réunir de la meilleure des manières.

Néanmoins, ce désir tout à fait naturel de partir vacances reste inaccessible pour une famille sur quatre en France cette année, réduisant de fait la possibilité de choisir son cadre, son moment et ses invités. On ne peut décemment pas faire famille de la même manière quand on a tout l’espace nécessaire pour vivre et évoluer que quand on doit improviser avec des limites budgétaires strictes et indépassables.

Il paraît que les vacances sont faites pour ne rien faire, détrompez-vous lorsque les familles se retrouvent, il arrive très souvent que les femmes sont principalement au four et au moulin pour préparer les repas, anticiper les activités et optimiser la notion de vacances pour tout le monde sauf elle. Là aussi des tas d’études et d’articles sont sortis pour décrire le travail domestique et non rémunéré des femmes dans le foyer familial, mais il reste qu’en vacances cela nous saute encore plus aux yeux.

Pendant la période estivale, les réunions semblent être un rituel que les jeunes tentent en vain d’échapper année après année mais auquel ils peuvent adhérer sous couvert de pouvoir compter sur des cousins de leur âge ou des liens inchangés malgré le temps. On s’observe les uns les autres, on se jauge, on soupèse toutes les évolutions à la fois personnelles et professionnelles et on pose nos questions pour se comparer de façon insidieuse et inadaptée. Ce temps de latence entre l’arrivée dans la famille et le début du séjour peut refroidir et nous intimider tant il arrive que les retrouvailles pèsent lourd.

Les réunions de famille entraînent souvent des conflits.

Pour certaines personnes la présence de conflits apparaît naturel dans tous les contacts entre humains s’aimant trop ou s’aimant suffisamment mal pour parvenir à communiquer sereinement. Il existe des dynamiques au sein de ces espaces représentés comme essentiels mais qui en réalité peuvent enfermer les individus dans des cases et des archétypes, le tout dans des formes de violences différentes. Le conflit sert alors de catalyseur de tous ces blessures intimes et de tous ces mots non dits qu’on vient expulser de soi-même, et les retrouvailles en famille offrent souvent des occasions pour cela.

Pour d’autres, ces conflits surviennent peu, et souvent sont reliés à des problèmes de logistique, d’organisation en bref ils n’émergent qu’à la surface. J’ignore si la pudeur ou la culpabilité ou les illusions entretiennent cette superficialité des liens en famille, mais en tout cas ces conflits ne fracassent rien. Ne font rien avancer non plus. Ils figent dans le temps une fausse sensation de calme, d’apaisement et de vivre ensemble.

Apprivoiser sa famille en grandissant devient de plus en plus délicat : on change, on fait des choix souvent contestés, on nourrit notre ego en refusant d’entendre les critiques d’autrui ; bref c'est devenu la cacophonie généralisée entre oncles, cousins, neveux et darons.

Mais alors, comment maintenir une forme d’harmonie voire d’apaisement entre nous quand on sait d’avance que les autres ne nous ressemblent pas voire sont carrément tout ce qui nous gêne dans ce monde ? Qu’est ce qui empêche une réunion de famille de devenir un de nos pires souvenirs ?

Je n’ai que des pistes de réflexion, aucune forme de solution hélas, mais j’aime à penser qu’elles pourront être utiles pour les prochaines personnes qui seront convoquées pour ces festivités de façade. Des choses qui seront faciles à appliquer et encore plus simples à retenir afin d’éviter que ces moments ne durent trop longtemps et ne laissent qu’un goût amer en bouche.

Il sera important de trouver vos alliés : des personnes de la famille avec qui vous savez être à l’aise, avec qui les conflits sont rapidement désamorcés et avec qui vous pouvez épuiser au moins 3-4 sujets de conversations différents. Ces personnes seront votre espace de repli : l’endroit où fendre l’armure et réellement profiter de votre famille.

Pour parvenir à apprécier au maximum cette réunion de famille, je vous conseille également d’avoir toujours un chargeur de téléphone ainsi qu’un livre. Ces deux outils permettent de se distraire et de s’immerger dans autre chose que la réalité de discussions infondées parfois, brutales souvent, et constamment éloignées de vos préoccupations du moment. Le livre ça force les autres à vous laisser dans cette bulle magique que propose la littérature ; le téléphone ça vous laisse l’opportunité de dégainer un podcast à toute heure.

Les réunions ne sont pas obligées de se dérouler selon des conditions prédéfinies, vous pouvez changer le jeu. Déplacer le cadre, déplacer le conflit sur des bases qui vous semblent plus solides, amener les conversations sur des sujets qui vous plaisent ou que vous pensez être capables de maîtriser davantage. Arriver à changer la discussion ne détendra probablement pas tout, mais détournera l’attention ailleurs.

Enfin, il s’agirait de laisser parfois de l’espace aux autres et à soi-même, vous ne devez pas précipiter à tout prix la confrontation. Rien ne changera en un instant alors profitez de ce laps de temps pour vous réfugier dans ce qui vous apaise ou appliquer vos méthodes de relaxation que ce soit du Xanax, des exercices de respirations, des séries ou des appels à autrui. On a tous nos propres ressources pour surmonter l’existence humaine, elles nous aident mais attention à ne pas s’isoler en les appliquant constamment.

Maintenant vous êtes définitivement paré, allez-y, et vous en sortirez probablement différent à l’intérieur.

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