Une abbaye pour figer le temps de nos vies vécues à mille à l’heure.

Pour commencer la nouvelle année, je suis entrée moi-même en isolement choisi et recherché. Sans silence ni pénitence, ce fût au contraire une abondance de nourriture, de chaleur, de luxe et de gourmandise qui m’ont accompagné tout au long de ces quatre jours hors de tout.

Cette abbaye est située dans la commune de Vaux-de-Cernay, où tout semble en arrêt autour de cet établissement grandiloquent et appartenant au club sélect de Paris Society, une structure se définissant comme “acteur incontournable de l’hospitalité en France” mais qui pour moi ressemble surtout à une secte pour riches en manque de communauté.

Ce lieu se découpe en plusieurs espaces et occupe une grande superficie, nécessitant une application spéciale pour pouvoir s’y déplacer et ne pas se perdre surtout quand tout est recouvert de neige comme ce fût le cas en début janvier 2026. Il y a la ferme aux créatures adorables et faciles d’accès, il y a la salle d’arcanes qui ressuscite nos âmes d’enfants, il y a également un bâtiment séparé avec des chambres, et enfin la cantine où se déroule le petit-déjeuner et le goûter qui sont mes deux repas favoris comme vous je l’espère. Ce n’est toutefois pas fini puisqu’il y a également des terrains de tennis, une piscine en plein air, un SPA, une salle de cinéma, un lac avec des barques et des vélos à votre disposition pour vous balader en toute gaieté.

Je vais toute de suite vous raconter mes deux choses favorites lors de ce séjour. Il y a eu déjà la chambre, tellement confortable - cosy et surtout parfaite pour une marmotte comme moi qui a besoin d’un terrier lui correspondant. Mais il y a surtout eu les buffets de reines que j’ai pu savourer, le buffet du petit-déjeuner et du goûter ont rythmé mes journées. Ces buffets s’étendaient sur plusieurs présentoirs où vos moindres demandes et besoins étaient exaucés, et où vous pouviez vous goinfrer sans ressentir la moindre gêne ou le moindre jugement, parfait pour commencer l’année en paix.

Ainsi donc, cet endroit ressemble à un paradis sur terre, où tout est fait pour que vous soyez à l’aise, que le luxe occulte vos problèmes du quotidien, et où chaque derrière de porte se trouve un membre du personnel disponible pour vous. Il est donc difficile de se plaindre d’un endroit magnifique architecturalement parlant, confortable designement parlant, et délicieux gustativement parlant.

Il n’empêche que, je n’ai pas réussi à me sentir vraiment en vacances là-bas. Tous les clients restaient sur leur 31 en permanence, les couples étaient légions, et surtout tout sentait vraiment l’efficacité. Je voyais d’abord la fortune et la richesse des uns avant de découvrir leur humanité et leur sensibilité, on ne se parlait pas entre nous, tout restait cloisonné y compris le matin tôt. Or si vous êtes déjà partis quelque part en vacances, c’est véritablement le moment où les horaires ne comptent pas et où vous pouvez tisser des liens avec des personnes incongrues et bien différentes de vous, d’où la beauté de ces moments.

En somme, j’ai passé un séjour magique dans un endroit qui ressemble à un décor Disney, mais le lieu a manqué d’âme. Tout était parfait, du personnel jusqu’à la salle de jeux et à la nourriture mais il n’empêche que ce lieu sentait l’entre-soi bourgeois et l’individualisme poussé à son paroxysme, on y venait pour se montrer. Comment ne pas remarquer les smartphones constamment sortis pour tout photographier, et les poses adoptées dans la neige pour prouver qu’on y était ; quel dommage que les vacances riment désormais avec influence.

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