Jem Calder écrit avec brio les désespoirs romantiques de la Gen Z.
Les rencontres dans un bar ne débouchent pas toujours sur des bons romans, celui de Jem Calder fait toutefois figure d’exception.
Dans son dernier roman “I want you to be happy” publié aux éditions Faber, il narre l’idylle naissante puis complexe de Charles et Joey, deux personnages aussi différents que représentatifs des complexités de l’époque moderne en amour.
Vous avez peut-être déjà entendu de ce nom car il a été repéré par l’icône littéraire moderne, l’écrivaine anglophone Sally Rooney qui a mis en avant plusieurs de ses textes dans des revues.
Comme dans les oeuvres de Sally Rooney, ce roman ne présente pas un rythme saccadé ni un énorme enchaînement de péripéties mais les tensions principales porteront sur les sentiments et les liens qui se créent entre les deux protagonistes principaux, à savoir Chuck et Joey.
L’auteur s’intéresse tout au long du roman aux manières dont les relations amoureuses se créent entre deux personnes à différents stades de leurs vies : Chuck a 35 ans, est établi dans un travail de bureau, vient de rompre ses fiançailles, tandis que Joey elle n’a que 23 ans et travaille comme barista à Londres.
J’ai lu d’une traite ce livre qui a reflété de manière crue et honnête l’incapacité actuelle à nouer des liens amoureux profonds et généreux. On converse beaucoup en messages, on se voit au bar toutes les semaines, on va chez l’un puis chez l’autre tout en évitant soigneusement de laisser quelque affaire que ce soit : on se consomme et on se lasse.
Malheureusement là où l’écriture de Sally Rooney permettait d’élargir la focale à des tendances générales, à des enjeux de société, à la politique qui nous entoure et nous oppresse parfois, ce livre ne décolle pas de ce duo aussi déséquilibré que voué à la catastrophe semble-t-il. Ce livre se lit rapidement mais peut malheureusement s’oublier aussi vite si l’on ne s’attache pas à des détails de leur histoire, à des traits communs à ces protagonistes et à nous-mêmes.