Valentin Gendrot poursuit son exploration de l’intime
Valentin Gendrot a sorti un premier ouvrage fortement remarqué et sobrement intitulé “Flic : un journaliste a infiltré la police” en septembre 2020. Un récit à la 1ère personne qui raconte son infiltration au sein des forces de. l’ordre, et qui décrit une atmosphère violente aux biais racistes, ce que dénoncent par ailleurs de nombreux collectifs de soutiens aux victimes de violences policières.
Ce récit avait permis à une partie de la population de comprendre l’injustice des récits de ces victimes trop souvent oubliées, grâce entre autre au profil de cet auteur, parallèlement journaliste. Il était en effet blanc, disposant d’un certain capital culturel et économique en épousant les codes des médias traditionnels. Avec cet ouvrage on est confronté à une vision presque documentaire des forces de l’ordre et de leur doctrine du maintien de l’ordre mais surtout des comportements racistes et arbitraires de nombreuses “brebis galeuses”.
En 2025, l’auteur revient avec son nouveau livre et s’appuie toujours sur la non-fiction pour délivrer son propos. Dans cet ouvrage, intitulé “Un jour, ça finira mal” , on est confronté au féminicide de la compagne du cousin de Valentin Gendrot ainsi qu’aux nombreuses ramifications de ce drame. On plonge dans la vie familiale de l’auteur qui analyse les mécanismes du contrôle coercitif d’un homme sur sa femme et illustre le continuum des violences faites aux femmes, à la fois par ce couple-là mais également par le couple de son grand-père et le couple de son autre cousin.
Ce qui doit être retenu ici, est le poids indicible mais étouffant des schémas familiaux qui empoisonne plusieurs générations comme le démontre particulièrement bien l’auteur. Valentin Gendrot établit des traits d’union dans sa famille, des similitudes pour tenter de comprendre, ou du moins de rationaliser ce fémincide.
Il part à nouveau dans ce livre de sa vision, son vécu pour détricoter un phénomène de société ; ici la permanence des violences faites aux femmes et leur gravité. Cette démarche fonctionne à merveille de nos jours car le public aime pouvoir s’identifier et connaître l’intime de chacun, de ce fait le livre est très efficace.
Mais j’ose espérer malgré tout, que de plus larges conclusions politiques et sociales sauront être tirées dans les futurs ouvrages de cet écrivain de talent, car la description de l’intime ne suffit pas toujours.