Autopsie réussie de la littérature par Edouard Louis.

Edouard Louis est un auteur brillant, un sociologue caché et un interprète iconoclaste. Sa biographie est riche de succès l’ayant propulsé parmi les auteurs les plus lus et commentés dans le pays et au-delà.

Mais sa sortie la plus récente surprend, puisque son dernier ouvrage est une discussion fleuve avec Mary Kairidi intitulé “Que faire de la littérature?” et publié aux éditions Flammarion. Au cours du livre, nous plongeons dans les références personnelles de l’écrivain, dans ses goûts mais surtout dans ses mécanismes d’écriture et son lien intime avec la littérature.

Tout au long de ces pages, Edouard Louis théorise une autre forme de littérature à inventer et perpétrer, la littérature de confrontation entre l’auteur et son lecteur. Il inscrit de base dans le courant de la littérature engagée comme l’a longtemps mis en pratique Jean Paul Sartre, mais souhaite aller encore plus loin, en emmenant son lecteur dans son récit de façon assumée et concrète.

Attention toutefois la lecture est dense, les références mobilisées par l’auteur sont très nombreuses et variées allant par exemple de Toni Morrison à Jean-Paul Sartre et Simone De Beauvoir jusqu’à Frantz Fanon ou Platon et Sénèque. Ce qui est admirable dans ce nouvel ouvrage reste le soin et l’intérêt accordé à la forme littérature choisie pour les différents textes qu’Edouard Louis a écrit. Ecrire oui, mais que raconter et surtout dans quel but : toutes ces questions sont posées et remises dans le contexte que nous traversons comme société.

Durant ma lecture je n’ai pu que me questionner sur le rôle qu’occupe la littérature actuellement, mais aussi sur mes goûts et mes recherches comme lectrice. Qu’est ce que je cherche dans les livres et dans les auteurs contemporains, qu’est ce qui me marque suffisamment pour que je le relise et le conserve précieusement dans ma bibliothèque personnelle ?

Edouard Louis offre dans ce texte une occasion indispensable de faire un état des lieux très vaste de son parcours, mais surtout des fondamentaux qui forment la base de son travail, de sa réflexion et de manière globale la base de sa conception littéraire.

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