La double-face d’un athlète olympique moderne

Les nouveaux sportifs peuvent être surprenants, mais ce qui reste en tête plus que leurs exploits sportifs sont le storytelling qui se met en place autour d’eux. Les JO de Paris 2024 ont été révélateurs à cet égard, jamais les marques ne se sont autant mises en avant à travers les sportifs et sportives.

J’ai comme l’impression que celles-ci occupaient le spotlight plutôt que les performances sportives, Louis Vuitton sponsorisait même une grande partie de l’équipe de France, comme si on ne connaissait pas suffisamment la marque.

Impossible également de passer à travers les bandes d’Adidas qui sponsorise de façon régulière plusieurs athlètes français avant et après la compétition. Le capitalisme grignote vraiment tous les évènements pour se mettre en avant.

Mais j’ai voulu regarder ça de plus près, en étant au contact d’un athlète qui bosse avec toutes ces marques et qui ne s’en cache pas, bien au contraire. Parce que ces sportifs sont des personnalités publiques, ils utilisent leurs réseaux sociaux ainsi que leurs apparitions pour se transformer en vitrines de luxe pour ces différentes marques.

Je l’ai rencontré lui il y a plusieurs années évidemment grâce à la magie des réseaux sociaux ; il était très réactif et plus qu’ouvert aux discussions. Petit hic, il était également plus jeune que moi, donc rien de croustillant à cette époque là.

Pendant ces quelques années j’ai observé sa popularité monter en flèche et ses sponsors arriver en nombre. En effet cet athlète disposait d’une aisance rare à conquérir un public pourtant pas forcément lié à son sport, ce qui le rendait spécial pour beaucoup de médias et de marques.

Comme toute personne curieuse d’une tendance qu’on peine à comprendre, j’ai fini par rencontrer ce sportif et j’ai découvert que vraiment les réseaux sociaux servent à embellir nos traits même les plus sombres. Il était tard, il faisait froid quand il est descendu de son VTC pour me rejoindre dans un hôtel-café de la capitale. Il était svelte, vraiment très beau mais semblait profondément désabusé.

Nous avons passé plusieurs soirées ensemble, à discuter principalement de lui parce que les célébrités restent profondément narcissiques et portent leur égo sur elles en permanence. Je me souviens qu’il faisait partie de cette jeunesse vapotant sans cesse et délivrant une fumée virevoltante au goût sucré, chimique, tout sauf recommandé pour un sportif de haut-niveau. Je me souviens aussi d’une consommation de Redbull presque frénésique, il avait toujours une cannette à proximité à tel point que je me demandais presque qui accompagnait qui, lui ou la boisson.

Drôle de paradoxe que la génération Z : on prône l’auto-discipline et la rigueur sur la toile mais on cède aux vices de la nature humaine dès lors qu’on déconnecte. Ce sportif là en était la démonstration parfaite. Il savait se présenter sous une image adéquate avec ses différents contrats publicitaires tout en bâtissant un quotidien sportif hors-normes au sein du temple du sport français, mais restait soumis aux mêmes désirs et pulsions que tout homme de 25 ans.

Ces rendez-vous furent nombreux et loufoques à la fois puisque des personnes le reconnaissaient dans la rue, et lui parlaient plus de son activité en ligne que ses succès sportifs pourtant impressionnants. La facette d’influenceur restait davantage en tête que celle d’athlète battant des records mondiaux d’athlétisme.

Dans son rapport à la femme, en l’occurence ici à moi, je voyais bien qu’il reproduisait des schémas déjà dits et écrits par d’autres avant lui. Ses désirs et envies étaient les mêmes que ceux toujours autant véhiculés par la fiction moderne qu’offre la sexualité hétérosexuelle. Je n’ai été ni déçue ni surprise de mon temps avec lui, mon seul constat fût le suivant, avoir des muscles et s’astreindre rigoureusement à une discipline sportive n’entraîne pas l’apparition de dispositions morales supérieures à ses comparses.

Suivant
Suivant

Mon histoire impromptue avec un député.