Parler de Rayan Cherki révèle quel amateur de foot vous êtes.
Ce n’est un secret pour aucune personne me connaissant un minimum, je suis une fan inconditionnelle du joueur de football qu’est Rayan Cherki, âgé de 22 ans et portant les couleurs de Manchester City.
Je l’ai surtout connu sous l’étendard de l’Olympique Lyonnais qui est son club formateur où il aura passé quinze ans à fréquenter les bancs de l’institution depuis le Centre de formation en 2010, jusqu’aux pelouses de Ligue 1 lors de son ultime saison en 2024-2025.
Je l’ai suivi depuis sa première titularisation en Ligue 1 le 19 octobre 2019 lorsque Rudi Garcia était l’entraîneur de Lyon et j’ai pu voir comme tous les aficionados de football combien Cherki a commencé sa carrière en faisant tomber quelques records immédiatement.
En effet, il devient en novembre 2019, le deuxième joueur le plus jeune à faire ses débuts en Ligue des Champions face au Zénith Saint Pétersbourg. En janvier 2020, soit deux mois plus tard, il marque le 7ème but de l’OL en Coupe de France, son premier but chez les professionnels, en faisant le plus jeune buteur de l’histoire de son club, rien de moins. Enfin, lors du final 8 disputé par l’OL le 19 août 2020 alors que les stades étaient vides et la compétition dénaturée, Rayan Cherki devient à 17 ans le plus jeune joueur à participer à une phase à élimination directe de la compétition.
Une fierté lyonnaise dans le coeur.
J’entends déjà les détracteurs objecter que tels autres joueurs avaient connu un parcours similaire, ou bien battre d’autres records et rabâcher le profil de Kylian Mbappé en boucle mais les records sont à replacer dans un contexte très spécifique propre à l’OL.
L’Olympique lyonnais des années 2015 ne dispose plus du même prestige qu’au début des années 2000, ni du moindre titre à se mettre sous la dent. Pire, il voit alors sa direction exploser en vol précipitant la fin de son président historique Jean Michel Aulas et l’arrivée en fanfare d’un cowboy américain John Textor. Ce club autrefois en tête des classements nationaux dégringole de saison en saison, jusqu’à frôler la Ligue 2.
Mais au cours de ces temps troublés, des joueurs ont émergé pour sortir le club d’une lente agonie et parmi eux se trouvait Rayan Cherki. Comme le dit l’adage “tous les héros ne portent pas de capes” mais cet héros lui portait le numéro 18.
Je n’ai pas envie de faire une énième liste des faits d’armes de Rayan Cherki, d’autres l’ont tellement bien fait comme ici et ici ou bien encore là. Mais il faut comprendre à quel point ce joueur a maintenu par son jeu et son caractère les supporters à bord d’un navire sérieusement endommagé. Impossible de ne pas avoir en tête les accélérations inespérées du joueur ou alors ses dribbles pas toujours censés ayant bâti la réputation de Cherki.
Il a réussi à ressusciter le football spectaculaire qui dépasse les chiffres ou les actions téléguidées qui pourtant semblaient faire légion en Ligue 1. Même si ces débuts en pro ont parfois été laborieux, puisque il a dû évoluer avec un bal d’entraîneurs assez instable, Rayan Cherki a toute de suite été conscient de sa force mais aussi d’un caractère parfois incompris. Décrié par de nombreux commentateurs du football moderne comme Raymond Domenech, Daniel Riolo et confrères, sa dernière saison à l’OL a su fermer définitivement des mauvaises bouches.
Nous sommes tous fans.
Rétrogradé en début de saison 2024 avec le loft du club, sorte de zone de punition en attente d’un meilleur jour, il va pourtant renversé la vapeur grâce à l’arrivée du coach providentiel Pierre Sage puis de Paulo Fonseca. Ces deux entraîneurs vont le remettre au coeur du système de jeu lyonnais. Libéré et comme enfin parvenu à dompter ses émotions, à 21 ans il réalise une saison exceptionnelle en portant son équipe et en étant avec Alexandre Lacazette, le moteur inébranlable du club.
Aujourd’hui transféré à Manchester City pour 42,5 millions d’euros à l’été 2025, il a su conquérir rapidement le coeur de Manchester, à la fois du public puisque des compilations réalisées après chacun de ses matchs se multiplient, jusqu’à ses coéquipiers qui ne tarissent pas d’éloges sur le jeune français. Chaque weekend, les actions de jeu du joueur sont scrutées par l’intégralité de Twitter autant que par les fans inconditionnels de Cherki comme moi, qui ne pouvons que savourer de voir enfin la planète foot tomber sous le charme de notre joueur prodige.
À travers la célébration de Rayan Cherki, c’est surtout le style de jeu qu’il insuffle qui fait sourire, c’est sa fantaisie à réaliser des gestes techniques surprenants, tout en gâtant son équipe de passes millimétrées faisant de lui le meilleur passeur décisif de Premier League. On se lève, on exulte, on envoie ses buts à ses potes, le football n’est peut-être pas définitivement mort.
Le meilleur buteur du championnat avec le meilleur passeur de Premier League sont également besties dans la vraie vie.
Le nouveau duo qui hante les buts de Premier League : Phil Foden et Rayan Cherki.