Petit état des lieux de la prévalence des VSS dans la société française.
Le 15 octobre dernier a marqué les 8 ans depuis le début officiel et reconnu mondialement du mouvement MeToo aux Etats-Unis. Un mouvement de témoignages de nombreuses femmes sur les violences sexuelles vécues, qui reste aujourd’hui inédit dans l’histoire contemporaine bien qu’il n’ait pourtant pas eu les retentissements escomptés partout.
Un mouvement dont l’initiative a dans un premier temps été volé à sa pionnière : Tarana Burke, travailleuse sociale afro-américaine née en 1973. Celle-ci au contact de jeunes adolescents lui confiant des témoignages d’abus et de violences sexuelles, a crée en 2006 l’association Me Too afin de venir en aide aux jeunes filles noires de quartiers populaires new-yorkais. Victime elle-même d’un viol à ses sept ans, son leg majeur au dévoilement des violences sexuelles a finalement été reconnue par le magazine Time en 2018 comme “personnalité de l’année”.
Depuis l’affaire Weinstein mené par des actrices célèbres de premier plan et révélé par le travail de deux journalistes américaines du New York Times Judi Kantor et Megan Twohey ; les personnalités mises en cause l’ont été au sein de tous les milieux et de toutes les catégories sociales. Ce sujet des violences faites aux femmes a commencé à être une rubrique dans les médias puis un sujet pour la fiction et enfin une matière d’études universitaire, psychologique et scientifique.
Malgré toutes ces avancées pour parler de ces hommes violents, pour redonner la place nécessaire aux femmes afin d’avancer et de dépasser la honte qui nous a souvent réduites au silence, les statistiques restent désastreux lorsque l’on s’adresse à la justice.
Un chiffre est essentiel à retenir : en France, 86% des plaintes seraient classées sans suite, et seulement 6% des violeurs sont condamnés selon le ministère de la justice.
Une situation dénoncée de concert par le Conseil de l’Europe, les associations féministes et les militantes qui se mobilisent sur le terrain ainsi que sur les réseaux sociaux. Ce qui est intéressant de remarquer est que cette lutte pour une meilleure justice envers les victimes de VSS passe par toutes les formes possibles ; les pétitions notamment celle d’Amnesty que je vous partage, les formations notamment pour arriver à maîtriser le vocabulaire et les procédures auprès des victimes, ou encore les collectes de fonds pour les associations.
Rapport du groupe d’experts du Conseil de l’Europe.
Selon les dernières statistiques communiquées par le Ministère de l’Intérieur, les violences restent en constante augmentation : “En 2024, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 450 100 victimes de violences physiques, dont 103 700 sont mineures et 122 600 victimes de violences sexuelles, dont 71 100 sont mineures”.
Un chiffre est essentiel à retenir pour l’année passée : le nombre de victimes de violences sexuelles a augmenté de 7% en 2024.
La communication sur les violences sexistes et sexuelles ainsi que sur les violences conjugales a évolué au sein des institutions officielles mais reste incomplète pour comprendre et connaître les différentes victimes, le mode opératoire et surtout les dysfonctionnements de la justice et de la police pour nous protéger. Ainsi, il faut croiser impérativement ces données avec le travail collectif et partant de la base, d’associations et de la société civile, comme ce site de Nous Toutes qui complète les manquements du Ministère.
Le site d’Amnesty France est précieux si vous cherchez des données ou des sources d’informations.
Dernièrement, d’autres formes de témoignages et de libération de la parole de femmes ayant subies ces violences ont émergé au point de déclencher des reconnaissances entre femmes de potentiels agresseurs sexuels et violeurs en série. Les réseaux sociaux permettent en effet des mises en relations et des reconnaissances mutuelles entre victimes, ce qui peut parfois soulager ces femmes et donner encore davantage de poids à leurs récits.