Un livre saisissant sur les violences conjugales chez les jeunes.

De plus en plus d’influenceuses ou créatrices de contenus se lancent dans l’écriture et publient des livres de bonnes ou mauvaises factures sur leur parcours, ou leurs épreuves de vie. Capucine Coudrier ou @ovairestherainbow sur Instagram ne fait pas exception à la règle mais s’en distingue toutefois beaucoup tant son récit est profond et bouleversant.

Dans son livre intitulé “J’avais 15 ans, je croyais l’aimer, je me taisais” publié aux prestigieuses éditions Albin Michel et sorti en librairies le 4 mars dernier, la jeune femme revient sur son expérience de violences conjugales avec beaucoup de tendresse et de compréhension pour elle-même et pour toutes les autres potentielles victimes.

Au fur et à mesure des pages, le lecteur est invité à comprendre la manière dont les hommes violents agissent, la manière dont les violences sont pernicieuses et parfois invisibles aux yeux de tout le monde, Capucine offre un ouvrage à mettre entre toutes les jeunes mains qui ne connaissent pas forcément le continuum des violences faites aux femmes.

Ce qui est important dans la publication de ce livre est le fait qu’il soit l’histoire personnelle de Capucine, déjà très engagée et vocale sur ses réseaux sociaux à propos des différentes formes de violences dans le pays. En effet elle publie à un rythme très régulier des débriefs intersectionnels de toutes les affaires médiatiques ou politiques que nous lisons toutes et tous, les rendant plus faciles à comprendre et à débunker. Une véritable pédagogie qui est également présente dans son livre, où les ressources sont nombreuses et les notes de bas de pages toutes précieuses.

Capucine Coudrier écrit un livre mêlant son histoire personnelle et ses propres observations sur la société, le patriarcat, les conséquences des violences sur les femmes et pose une question nécessaire que je vous invite à garder en tête : est-ce que les personnes victimes de violences guérissent-elles vraiment ? À partir de quand peut-on se déclarer être passé définitivement à autre chose ?

Bien que je ne possède moi-même pas les réponses à ces questions, je suis quand même convaincue que la guérison ne se manifeste pas un beau matin de façon incontestable mais se construit et s’entretient jour après jour avec une pluralité possible de formes et d’illustrations. Je trouve que lire ce livre offre de l’espoir et de l’identification mais nous aide aussi à réexaminer des épreuves personnelles avec moins de honte et moins d’auto-jugement, et ça aide beaucoup.

La transition entre Internet et le physique incontestable du livre me plaît beaucoup : elle montre que les maisons d’éditions sont sensibles à ce que proposent les auteurs et autrices plus jeunes et surtout savent que capter un nouveau public ultra-connecté leur sera toujours profitable. Néanmoins dans cette course aux succès littéraires, la question se pose d’estimer à partir de combien d’abonnés un créateur de contenus peut prétendre à une publication ? Qui devient le juge de ce qui est bon de lire en ligne et de ce qui mérite une parution physique ? Et surtout, jusqu’à quel point le créateur de contenus garde le contrôle de son récit ?

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